Test Polar Ignite 3 : un écran Amoled pour raviver la flamme de la montre fitness finlandaise


Plutôt perçue comme l’entrée en gamme parmi les montres de sport Polar, l’Ignite se veut simple à porter et vise un public désireux de pratiquer des activités sportives sans pour autant se lancer dans d’intenses programmes d’entraînements. Une montre de fitness et bien-être donc, polyvalente, et qui vient plutôt se frotter aux montres connectées lifestyle de Fitbit et Garmin, par exemple.

Avec son Ignite 3, Polar conserve sa philosophie fitness, mais monte en gamme en dotant sa montre d’un écran Amoled bien plus séduisant, du même capteur cardio que les Pacer et même d’une puce multi-GNSS double bande que l’on ne trouve habituellement que sur les montres multisports d’extérieur assez haut de gamme. De quoi se distingue sur le plan sportif, qui reste le cœur de métier du fabricant.

La Polar Ignite 3 est lancée à 330 € en quatre coloris : noir (Night Black), mauve (Purple Dusk), sable/or (Greige Sand) et marron/cuivre (Brown Copper).

Note de la rédaction : 4 sur 5

Ergonomie et design

Il reprochait souvent aux montres Polar la qualité d’affichage de leurs écrans LCD. Des écrans transflectifs conçus pour être très lisibles en plein soleil et peu gourmands en énergie (pas nécessairement besoin de rétroéclairage lorsque la luminosité extérieure est suffisante), mais pauvres en couleurs et en contrastes, limités en définition d’affichage et donc bien peu flattereurs pour un usage quotidien de la montre connectée. Or, c’est justement vers cet usage que se dirige Polar avec son Ignite 3, qui reste certes une montre de sport « fitness », mais doit affronter une concurrence toujours plus féroce n’hésitant plus à arborer de beaux écrans Amoled dès le milieu voire l’entrée de gamme.

La montre Polar Ignite 3.

La montre Polar Ignite 3.

L’Amoled pour flatter la rétine

Si Polar a conservé les écrans LCD dans ses dernières Pacer et Vantage V2, il a enfin franchi le cap de l’Amoled avec son Ignite 3, et cela change tout. Malgré sa taille relativement modeste, mais dans la moyenne pour une montre de ce gabarit, l’écran de 1.28″ compte cette fois 416 x 416 pixels. Un gouffre par rapport aux 240 x 240 pixels de l’Ignite 2.

Il faut certes encore composer avec des bordures noires de 4 mm, auxquelles s’ajoute le millimètre de largeur de la lunette en acier, mais grâce à un verre Gorilla Glass 3 aux bords curvés et à la profondeur de noir quasi perfecte de la technologie Amoled, les bordures se confondent avec l’écran si l’on n’y regarde pas de trop près. Le fort contraste fait par ailleurs ressortir les couleurs des cadrans, pour un résultat très flatteur.

La montre Polar Ignite 3 au poignet.

La montre Polar Ignite 3 au poignet.

Un mode d’affichage permanent est disponible si l’on souhaite toujours garder un œil sur l’heure sans avoir à tourner le poignet pour réveiller l’écran — au prix toutefois d’une autonomie divisée par deux. Grâce à un capteur de luminosité qui module l’intensité lumineuse de l’écran, l’affichage reste lisible en plein soleil et pas trop éblouissant la nuit. Mieux vaut tout de même activer le mode nuit pour ne pas riscer un allumage de l’écran durant le sommeil.

Plus épais, mais toujours très fin

Afin de conserver une autonomie digne de nom, Polar a intégré une plus grosse batterie dans sa montre (215 mAh contre 165 mAh), et cela se traduit notamment par une épaisseur en légère hausse (+1 mm, à 9,5 mm). L’Ignite 3 reste néanmoins très fin, d’autant que son îlot de capteurs n’a dépassé que très peu. Nous mesurons ainsi seulement 10,1 mm hors tout, ce qui en fait une des montres connectées les plus fines du marché.

Pour ne rien gâcher, la Polar Ignite 3 est aussi très légère, n’affichant que 34,5 g sur notre balance, bracelet compris (20,8 g boîtier seul). Autant dire que la montre se fait vite oublier.

Une boucle de bracelet classique, mais une extrémité qui vient se loger contre la peau.

Une boucle de bracelet classique, mais une extrémité qui vient se loger contre la peau.

Dépourvue de haut-parleur et de micro, l’Ignite 3 ne peut gérer les appels téléphoniques et se limite de toute façon à la réception des notifications pour ce qui est des fonctions connectées. De même, si le contrôle de la musique est possible, la montre ne peut en stocker faute de mémoire interne prévé à cet effet. Dommage que l’on ne puisse y connecter des écouteurs sans fil non plus, car sa fonction de guidage vocal servant à diffuser des commentaires durant les entrainements requiert également le smartphone. Pas de son quel qu’il soit sans emporter ce dernier, en somme.

Note de la rédaction : 3 sur 5

Interface

Le passage à un écran tactile Amoled ne révolutionne pas la façon d’utiliser cette 3e version de la Polar Ignite. La montre conserve l’interface que l’on a déjà utilisée sur les dernières Pacer et Vantage V2. Simplement, le fonctionnement tactile est ici indispensable puisque la montre n’arbore qu’un seul bouton servant à accéder au menu principal ou à revenir à l’écran précédent.

De frustre ralentit

Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes si la manipulation de l’interface n’était pas entachée de soucis de fluidité récurrentes. Que l’on fasse effectuer les widgets du bout du doigt par balayage horizontal de l’écran ou que l’on accède aux notifications ou au volet de raccourcis par un glissement de doigt vers le haut ou le bas respectivement, il n’échappe jamais aux saccades ou même à des tremblements de l’écran qui se compromettent avec l’expérience générale. Le retour au menu principal se met également jusqu’à 3 s — une éternité.

C’est d’autant plus regrettable qu’avec un tel écran on s’attendrait à une expérience de montre connectée telle qu’on peut en trouver sur les montres Apple, Samsung et Google. Polar mettait en avant le processeur plus performant de sa montre et une quantité de mémoire en nette hausse, mais il faut croire que cela ne suffit pas. Espérons donc que les développeurs du fabricant sauront optimiser leur système propriétaire pour venir à bout de ces saccades.

Une interface limpide

Abstraction faite de ces soucis de fluidité, on trouve une interface claire qui ne nous perd pas avec des canapés de sous-menus. Le cadran principal inclut par ailleurs des complications personnalisables, afin de garder les informations qui nous paraissent les plus importantes sous les yeux.

Si la Polar Ignite 3 inclut l’essentiel, elle ne profite toutefois pas d’un catalogue d’applications tierces, contrairement aux montres connectées sous Wear OS, watchOS, HarmonyOS et autres concurrentes moins axées sport. On reste ici en environnement maîtrisé, mais fermé.

Toujours est-il que l’on a apprécié la pertinence des widgets de statut de charge cardiaque, récupération et suggestions d’entraînements (fonction FitSpark), qui nous a aidé à déterminer quelles activités pratiquées en fonction de notre niveau de forme et des derniers entraînements réalisés .

Note de la rédaction : 5 sur 5

Application

Comme toutes les montres Polar, l’Ignite 3 est synchronisée avec l’application Polar Flow, disponible sur Android et iOS. Celle-ci ne nous inonde pas d’informations en n’affichant que l’essentiel sur sa page d’accueil. Apparaît ainsi notre statut de charge cardiaque en premier lieu, indiquant si l’on est prêt à nous entraîner ou si l’on aurait au contraire plutôt besoin de nous reposer avant la prochaine séance sportive.

Arrivent ensuite le pourcentage d’activité quotidienne ainsi que les fréquences cardiaques maximales et minimales relevées dans la journée, puis notre récupération Nightly Recharge, basé comme son nom l’indique sur la qualité de notre sommeil mais aussi sur notre statut SNA (système nerveux autonome ) que Polar détermine en fonction de notre fréquence cardiaque et sa variation, ainsi que notre rythme respiratoire.

Un résumé de notre sommeil de la nuit est également proposé le matin même, mais la page d’accueil change en fonction des derniers événements, notamment le dernier entraînement ou test physique réalisé.

L'application Polar Flow avec Ignite 3

L’application Polar Flow avec Ignite 3

Organisée par onglet, l’application Polar Flow en propose un dédié au démarrage d’entraînements et de tests physiques, si d’aventure on souhaite utiliser notre smartphone plutôt que notre montre. Nous suggérons surtout aprécié de disposer d’un outil cartographique permettant de créer des itinéraires, à la manière de ce que propose Suunto, mais cela n’est pas proposé par Polar pour le moment.

Un troisième onglet est réservé au calendrier, afin de visualiser nos derniers entraînements. Polar y prodigue des conseils autour du résumé de notre semaine, pour indiquer par exemple si l’on a tendance à trop s’entraîner ou s’il faudrait au contraire bouger un peu plus.

Attaché au suivi du sommeil, Polar réserve un onglet à l’analyse de celui-ci grâce à sa fonction Sleep Plus, analysant au minimum nos cinq dernières nuits afin d’en dégager des tendances. Un moyen pour mieux organiser nos activités physiques en fonction de nos habitudes de sommeil.

Note de la rédaction : 4 sur 5

Usages et précision

La Polar Ignite 3 bénéficie du même capteur de fréquence cardiaque Precision Prime que les dernières montres de sport Polar (Pacer et Pacer Pro, Vantage V2…). Celui-ci ofre toujours une très bonne précision. Les courbes de fréquence cardiaque générées par la montre se superposent ainsi très bien à celles obtenues avec la ceinture cardio pectorale Polar H10 qui nous sert de référence en raison de sa grande précision.

Le capteur cardio du Polar Ignite 3.

Le capteur cardio du Polar Ignite 3.

Il a néanmoins observé quelques écarts sur les deux à trois premières minutes qui semblent nécessaires à la montre pour bien se caler sur notre fréquence cardiaque. Cela peut toutefois s’expliquer par les basses températures rencontrées durant nos essais, puisque les vaisseaux de la peau au niveau du poignet sont contractés et l’afflux sanguin est ainsi moins perceptible par le capteur. Ce comportement est en tout cas très courant avec les montres.

Malgré son statut de montre de fitness, l’Ignite 3 n’est pas en reste côté GPS. Polar l’a en effet doté d’une puce multi-GNSS à double fréquence, plutôt réservée habituellement aux montres multisports d’extérieur assez haut de gamme. Si les tracés obtenus lors de nos parcours à pied se sont révélés assez précis, on n’échappe toutefois pas à quelques sorties de route, le tracé pouvant parfois être décalé de quelques mètres. Nous n’avons toutefois pas relevé d’écarts significatifs qui pouraurent fausser de manière importante le calcul de la distance totale.

En matière de suivi du sommeil, la Polar Ignite 3 s’avère plutôt cohérente par rapport à ce que nous obtenons avec notre bandeau spécialisé Dreem 2 qui nous sert de référence. L’endormissement et le réveil sont bien détectés, de même que la plupart des phases de sommeil profond. La montre a plus de mal à distinguer le sommeil paradoxal du sommeil léger. Le suivi s’avère nouvelle d’assez bonne qualité pour ne pas remettre en cause la pertinence des fonctions Polar qui s’appuient dessus.

Note de la rédaction : 3 sur 5

Autonomie

Avec sa batterie de 220 mAh, l’Ignite 3 pourrait fonctionner jusqu’à 5 jours, d’après Polar. Une autonomie que nous avons presque atteinte, le niveau de batterie de la montre étant tombé à 5 % au bout de 4 jours et 19 h. À ce stade, des messages répétés s’affichent à l’écran, demandant à la recharger, tandis que le défilement des widgets et l’utilisation d’autres fonctions deviennent impossibles. Une manière de ne pas tomber à un niveau de batterie trop bas pour continuer quelques heures de plus à avecléur au moins l’heure.

Une telle autonomie n’a rien d’extraordinaire pour une montre de sport, mais pour un modèle si compact à écran Amoled, c’est une performance honorable qui assure de pouvoir partir en week-end sans s’encombrer du câble à connecteur magnétique propriétaire serviteur à recharger l’Ignite 3. À condition toutefois de ne pas abuser des activités extérieures utilisant le GPS, puisque’un tel usage consomme environ 6 % de batterie par heure en mode précision et avec écran allumum en permanence, pour un total théorique d ‘à peine 17h Atteindre les 30 h annoncées par Polar en mode GPS implique de ne pas utiliser le mode d’affichage permanent, au prix toutefois d’un confort moindre lorsqu’il s’agit de jeter un œil à son allure ou à sa fréquence cardiaque, par Exemple.

Quand vient l’heure de la recharge, il faut compter 1 h 30 min environ pour faire le plein une fois le niveau de batterie tombé à 5 %.



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