Quelles sont les sources fiables d’information sur la nutrition ?


Internet fourmille de sites avec des informations inexactes ou incomplètes présentant les vertus de divers aliments et diètes miracles.

Certains médias contribuent aussi parfois à semer la confusion en y allant d’affirmations approximatives sur les dernières découvertes scientifiques portant sur les bienfaits d’un aliment donné.

Devant pareille cacophonie, Denis Bourgeois, de Moncton, se demande comment faire lorsque vient le temps de faire des choix éclairés en s’appliquant sur la recherche en nutrition. Existe-t-il des sources d’informations fiables afin de ne pas tomber dans le panneau ?

Pour y voir plus clair, Question de science s’est tournée vers Carole Tranchant, professeure à l’École des sciences des aliments, de nutrition et d’études familiales de l’Université de Moncton.

Lire d’un oeil critique

L’idée qu’un aliment peut à lui seul prolonger l’espérance de vie, mener à la perte de poids ou protéger le cerveau contre le vieillissement frappe l’imaginaire, ce qui fait de la nutrition un sujet alléchant et vendeur aupres des lecteurs . C’est la raison qui explique qu’une étude portant sur les bienfaits ou les méfaits d’un aliment donné va souvent faire la manchette.

Il y a quelques semaines, une étude observationnelle menée au Royaume-Uni concluait par exemple qu’une consommation régulière de quantités modérées de café était associée à un risque de décès plus faible.

L’un des problèmes c’est que le traitement réservé aux études scientifiques manque souvent de nuances.

«Il faut se poser la question à savoir si ce qu’on nous présente est sensationnaliste, dit Carole Tranchant. Si c’est très attractif, un peu comme avec les discours simplistes de politiciens, il faut se méfier. C’est rare que l’on va mettre en vedette des études où on dit qu’il faut faire de l’exercice et bien manger en suivant le guide alimentaire. Ce n’est pas un titre très alléchant, les gens préfèrent les choses faciles».

Lorsqu’un texte omet d’aborder les conditions dans les séquences d’une recherche a été réalisée, il faut se poser des questions. Chaque étude comporte aussi des limites qui font en sorte que les conclusions ne s’appliquent pas dans toutes les circonstances. Le statut socio-économique d’une personne, son état de santé, son niveau d’activité physique ou son âge sont autant de facteurs pouvant avoir un impact sur les résultats d’une étude, tout comme la manière dont un aliment est préparé.

Par exemple, dans la récente étude sur le café, les scientifiques ont omis de mesurer l’influence du revenu ou de la profession sur le taux de mortalité des amateurs de café. Les chercheurs notaient aussi que de nombreux facteurs liés à un mode de vie sain et ayant pu contribuer à expliquer les taux de mortalité n’avaient pas été pris en compte dans l’analyse. Très peu de médias ont fait mention de ces détails importants dans leur couverture.

«Quand une étude fait la une des journaux, on prend souvent le plus intéressant, par contre ce genre de paramètre reste souvent dans l’ombre. Il y a souvent peu de place pour la nuance, mais il est important de savoir que l’effet des nutriments dans le corps est très dépendant de notre mode de vie», dit Mme Tranchant.

L’importance de la corroboration

Le savoir scientifique se construit, pièce par pièce, grâce à la recherche et la nutrition n’échappe pas à cette règle. De manière générale, il faut donc se méfier des affirmations qui chamboulent toutes les connaissances jusqu’alors obtenues, particulier si celles-ci s’appuient sur une seule étude.

« En science et en recherche, pour avoir des données soit fiables, il faut que ce soit corroboré par un ensemble d’études. Une étude ne suffit pas», prévient Carole Tranchant.

La prudence est aussi de mise pour lorsqu’un texte ou une étude a été réalisée par une entreprise qui tente de vendre un produit.

Pour être sûr de la fiabilité des informations que vous dénichez sur la nutrition, posez-vous des questions sur la provenance de la source d’information et sur sa mission. L’auteur at-il le bagage nécessaire pour traiter de la question soulevée de manière critique ? Sinon, at-on fait appel aux spécialistes ayant les compétences requises ?

Le mieux dit Carole Tranchant, c’est de se fier aux sources appropriées. Le Guide alimentaire canadien est un outil tout indiqué.

« Le Guide alimentaire canadien n’a pas toujours bonne presse et les gens ne veulent plus en entendre parler, mais c’est important de ne pas trop s’en éloigner, dit-elle. Lorsque l’on trouve des informations fiables sur le web et qu’on revient ensuite au Guide alimentaire canadien, on se rend vite compte de la pertinence de ce guide et des conseils qu’il donne.»

Pour aller un peu plus loin et avoir des informations détaillées sur divers aliments, recherchez les sites qui présentent des informations fiables et mises à jour avec des références scientifiques à l’appui. D’après Carole Tranchant, les portails doctissimo.fr et mayoclinic.org sont particulièrement utiles puisque les données qu’on y retrouve sont compilées par des spécialistes.



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