L’Anses confirme le lien entre les nitrites contenus dans les charcuteries et le risque de cancer


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    Les nitrites présents dans la viande et les charcuteries sont considérables comme des cancérogènes probables par l’Agence nationale de sécurité alimentaire. Le gouvernement annonce un plan d’action pour réduire l’ajout des additifs nitrés dans les produits alimentaires.

    Les conclusions de ce rapport régédée par l’Agence nationale de sécurité alimentaire étaient attendues. Et comme l’ont déjà reconnu l’EFSA (l’agence européenne de sécurité alimentaire) et le CIRC (le centre international de recherche contre le cancer), l’Anses reconnoit à son tour une association entre le risque de cancer colorectal et l ‘exposition aux nitrites et/ou aux nitrates.

    Des éléments issus en partie de notre alimentation

    Les nitrites et les nitrates sont deux éléments présents naturellement dans les sols donc dans les fruits et les légumes. Par ailleurs, ils sont aussi utilisés comme additifs alimentaires dans certains produits de consommation courante comme la charcuterie et les viandes transformées. C’est par ce biais que »plus de la moitié de l’exposition aux nitrites » survient, en raison »des additifs nitrités utilisés pour leur préparation » souligner l’agence sanitaire.

    Une association avérée entre nitrites, nitrates et cancer colorectal

    « Les nitrites et les nitrates ingérés via les aliments et l’eau sont connus pour engendrer la formation de composés nitrosés, dont certains sont cancérogènes et génotoxiques pour l’être humain, nous avons donc étudié toute la chaîne de réaction » explique Matthieu Schuler, directeur général délégué au pôle sciences pour l’expertise de l’Anses.

    Et pour la première fois, dans son rapport, l’agence reconnaît l’association entre risque de cancer colorectal et exposition aux nitrites et aux nitrates, sans toutefois « conclure à l’existence d’un lien de causalité ». Si en France, selon l’Anses, « 99% de la population ne dépasse pas les doses journalières admissibles (DJA) » fixées pour rappel par l’EFSA à 3,7 mg/kg/j de nitrates et 0,07 mg/kg/j de nitrites, l’apport de l’un ou l’autre de ces éléments doit se faire « dans une approche aussi basse que raisonnablement possibleMatthieu Schuler a ajouté.

    A chaque type de produit sa solution

    Pour réduire encore l’exposition de la population, l’agence sanitaire recommande des approches différentes selon le type de produits. « Dans les charcuteries, l’ajout de nitrates et de nitrites vise notamment à limiter le développement des bactéries à l’origine de maladies comme la salmonellose, la listériose ou le botulisme » indique tout d’abord Laurent Guillier, chef de projet scientifique à l’unité d’évaluation des risques liés aux aliments. « S’ils sont diminués sans compensation, cela augmentera le risque de toxi-infection pour la population ».

    Trois exemples sont cités, pour maîtriser le risque de contamination par d’autres moyens :

    • Pour le jambon cuit, une réduction de l’utilisation des nitrites devrait s’accompagner d’une « diminution de sa date limite de conservation » (DLC)
    • Pour le jambon sec, cette réduction doit être suivie d’un « contrôle strict du taux de sel et de la température au cours des étapes de salage, de repos et d’affinage du produit » ;
    • Enfin, pour le saucisson sec, cette diminution doit être couplée à un « plan de lutte contre les salmonelles dans les élevages de la filière porcine » ;

    Enfin, l’Anses rappelle que l’usage de bouillons de légumes, comme mentionné sur certains emballages, n’est pas une solution, les légumes contenant des nitrites et des nitrates.

    D’autres mesures complémentaires

    L’agence rappelle aussi l’importance de maîtriser la composition des sols et des eaux en nitrites et en nitrates et invite les consommateurs à consommer moins de 150 grammes de charcuterie par semaine, soit 25 g/j alors qu’elle se situe actuellement autour de 40g/j. Elle souligne l’importance d’une alimentation variée et équilibrée, avec cinq portions de fruits et de légumes par jour, d’origine diversifiée.

    L’appel de Foodwatch, la Ligue contre le cancer et Yuka

    Cet avis scientifique de l’Anses vient appuyer la mobilisation lancée par les trois organisations sur le sujet en 2019, qui réagissent de nouveau à la publication de ce rapport : « Face aux faits scientifiques, les acteurs politiques doivent prendre leurs responsabilités. En effet, après plusieurs mois d’attente, l’avis de l’Anses doit être suivi d’une action forte de la part du nouveau gouvernement. Les nombreuses alertes scientifiques, dont celle de l’Anses, le rapport parlementaire étaié et près de 400 000 signataires de notre pétition l’exigent » plaident les trois entités.

    Elles déclarent : « La santé publique doit enfin primer, n’en déplaît aux lobbies. Il n’y a qu’une façon de protéger enfin la santé des consommatrices et consommateurs : interdire les nitrites et nitrates ajoutés à l’alimentation. « Il est maintenant important de mettre les conclusions du rapport en application de la loi votée avec un calendrier qui met fin à cette cause évitable ».

    NON aux régimes, OUI à WW!

    Le gouvernement annonce un plan d’actions coordonnées

    Suite à la publication de ce rapport, le gouvernement annonce « suivre les recommandations de l’Anses » et la mise en place d’un « plan d’actions coordonné afin d’aboutir à la réduction ou la suppression de l’utilisation des additifs nitrés dans tous les produits alimentaires où cela est possible sans impact sanitaire et cela le plus rapidement possible ».

    Cependant, comme le rappelle que « 99% (adultes et enfants) de la population ne dépasse pas les doses journalières admissibles toutes expositions aux nitrites/nitrates »le gouvernement estime que « cette situation ne justifie pas une interdiction stricte de l’utilisation des nitrites ». Par ailleurs, il encourage par ailleurs à suivre les recommandations de consommation concernant les fruits, les légumes et la charcuterie cités précédemment.



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